Je voudrais saluer, une fois encore, l’initiative marocaine, qui continue de montrer la voie sur le plan économique, stratégique et géopolitique. À chaque rendez-vous important, je constate avec fierté la présence de notre compatriote, l’ambassadeur Mankeur Ndiaye, qui y prend la parole avec lucidité et sens de l’intérêt africain. Cela prouve qu’il existe encore, parmi nous, des hommes qui comprennent les véritables enjeux du continent.
Mais pendant que le Maroc avance, notre pays, le Sénégal, s’entre-déchire.
Pendant que d’autres réfléchissent, innovent et bâtissent l’avenir, nos savants, nos universitaires, nos anciens serviteurs de l’État, nos hommes politiques observent, impuissants ou silencieux, une scène nationale où l’intérêt supérieur disparaît derrière les calculs de pouvoir.
Nous assistons, au sommet de l’État, à une bataille pour des positions et pour 2029, alors même que Notre économie s’essouffle et que l’État flirte avec la faillite. Notre jeunesse, dont l’avenir immédiat est en jeu, se laisse entraîner dans des stratégies autour d’hommes, sans réflexion sérieuse sur ce que sera le Sénégal en 2029 — et même, sur qui sera encore là pour en récolter les conséquences.
On divise le pays.
On attise les tensions.
On oublie ce qui s’est passé en 2021.
Prions-nous toujours pour nos morts ?
Ou avons-nous déjà tourné la page ?
Nos larmes étaient-elles réelles, ou n’étaient-elles que des larmes de crocodile, comme disait l’autre ?
Le temps du sursaut est arrivé.
On ne joue pas avec un pays.
Un pays n’est pas le patrimoine d’un groupe, d’un clan ou d’une génération.
Et demain, le président Diomaye répondra, lui aussi, comme on demande aujourd’hui des comptes au président Macky Sall, avant de parler de ceux qui l’accompagnaient. L’histoire est implacable : elle rattrape toujours les responsables.
Je le dis aujourd’hui, et gardez bien cette contribution pour demain si certains refusent encore d’entendre :
Paix.
Réconciliation.
Fraternité.
Un Peuple – Un But – Une Foi.
Ministre Thierno Lo
Un Républicain libre
