Alioune Tine, fondateur du think tank Afrikajom Center, a vivement réagi à l’annonce de la plainte déposée par le groupe d’avocats d’Ousmane Sonko contre le journaliste Madiambal Diagne. Sur son compte X (anciennement Twitter), Alioune Tine a lancé un avertissement au nouveau régime sénégalais, soulignant les risques inhérents à l’emprisonnement des figures politiques et des leaders d’opinion.
« Attention, la prison pour les politiques et les leaders d’opinion est un couteau à double tranchant », a prévenu Tine, insistant sur les répercussions potentielles pour le pouvoir en place. Il a averti que l’incarcération de Madiambal Diagne pourrait transformer ce dernier en un « héros » aux yeux du public, une situation qui pourrait se retourner contre le régime.
Tine a rappelé que l’opinion publique pourrait percevoir l’emprisonnement de Madiambal Diagne comme une action visant à faire taire une figure critique du pouvoir, ce qui risquerait de renforcer son image, tout comme cela a été le cas pour Ousmane Sonko. Ce dernier, autrefois considéré comme une figure de l’opposition radicale, est devenu un symbole pour de nombreux jeunes Sénégalais et Africains.
« En prison, vous ferez de Madiambal Diagne un héros. L’opinion publique interprétera cette incarcération comme une répression contre une figure de l’opposition radicale. Il est crucial de sortir de ce cercle vicieux par la voie de l’ubuntu, du dialogue et de la palabre. La démocratie est un terrain de conflits d’idées, pas une guerre; les acteurs politiques doivent se voir comme des adversaires, non des ennemis », a-t-il ajouté.
Alioune Tine a également exhorté Ousmane Sonko à ne pas céder aux provocations. « Madiambal Diagne m’a souvent critiqué, mais je l’ai sorti de prison. Sonko, en tant que Premier ministre, est devenu la figure la plus puissante de l’histoire politique du Sénégal. Il est donc naturel que toutes les attaques contre le pouvoir soient dirigées contre lui. C’était également le destin d’autres hommes politiques puissants comme Mamadou Dia, Colin ou Idrissa Seck après l’alternance de 2000 », a conclu Tine.
