La coalition « Diomaye Président » traverse une phase délicate. Son élargissement annoncé à 213 partis et mouvements a déclenché une vague de contestations, révélant les premières secousses politiques autour d’Aminata Touré, nouvellement désignée superviseure générale.
Entre absence des ténors historiques de la coalition et adhésions qualifiées de “fictives”, cette recomposition soulève de nombreuses interrogations sur sa légitimité et sa méthode.
Depuis une semaine, Aminata Touré — dite « Mimi » — avance à grande vitesse. Fraîchement confirmée à la tête de la supervision de la coalition, elle a publié le 19 novembre la liste officielle des nouvelles entités engagées dans cette structure élargie.
Sur le papier, l’initiative se veut inclusive. Dans les faits, elle révèle un vide notable : la quasi-totalité des alliés ayant porté Bassirou Diomaye Faye lors de la présidentielle de 2024 n’y figure pas.
Seuls quelques noms apparaissent parmi les soutiens originels, notamment :
- AWAALÉ, le parti du ministre de l’Environnement Abdourahmane Diouf,
- Mimi2024, le mouvement d’Aminata Touré elle-même,
- l’Union Citoyenne (UC/Bunt-bi).
Pour le reste, les partis et mouvements majeurs qui avaient accompagné le candidat Diomaye Faye brillent par leur absence. Une situation qui étonne, questionne… et alimente la critique.
Mais la polémique ne s’arrête pas là. Depuis la publication de la liste, une série de démentis publics s’est enchaînée. Plusieurs responsables politiques affirment ne jamais avoir rejoint cette coalition élargie, malgré la présence de leurs noms dans le document officiel.
Parmi les contestataires :
- Moussa Samb, SG du mouvement REPERES,
- Madieye Mbodj de Yoonu Askan Wi,
- Aly Gueye, SG du Front national,
- Oumar Diop, président du Mouvement de la Jeunesse Républicaine (MJR).
Tous dénoncent une utilisation abusive de leurs identités ou de celles de leurs organisations.
Pour eux, la situation est claire :
« Nous n’avons jamais rejoint cette coalition, ni de près ni de loin. »
Dans leurs communiqués, ils exigent le retrait immédiat de leurs noms de la liste.
Certains évoquent même la possibilité de poursuites pour faux et usage de faux si la rectification n’est pas faite.
En quelques jours, ce qui devait être une démonstration d’élargissement politique est devenu une source de crispations et de soupçons.
Pour Aminata Touré, cette polémique marque sans doute la première véritable épreuve depuis sa prise de fonction dans la recomposition de la coalition présidentielle.
