CENTCOM face à Pékin : le bras de fer naval s’intensifie

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La tension monte dans le détroit d’Ormuz. Un pétrolier chinois, le Rich Starry, a brièvement franchi le passage stratégique avant de faire demi-tour dans le golfe d’Oman, selon les données de Lloyd’s List. L’épisode, largement commenté, relance les interrogations : le CENTCOM osera-t-il défier directement Pékin dans ce théâtre maritime sensible ?

Le Rich Starry, propriété de la société Shanghai Xuanrun Shipping Co. Ltd (et non “Xianrun”, comme indiqué dans certaines sources), battait pavillon malawien — un enregistrement jugé frauduleux par Lloyd’s List, ce qui rendrait le navire techniquement apatride. Parti du port de Hamriyah aux Émirats arabes unis avec environ 250 000 barils de méthanol, il affichait le message “China Owner & Crew” lors de son passage.

Un “blocus” contesté

Certains médias ont affirmé que le Rich Starry avait brisé le blocus imposé par l’administration Trump. Mais le CENTCOM dément : aucun navire n’aurait franchi le dispositif dans les premières 24 heures. De plus, le Rich Starry n’était pas concerné par le blocus, qui vise uniquement les navires entrant ou sortant des ports iraniens. Le véritable test interviendra lorsqu’un pétrolier chinois tentera de quitter Bandar Abbas ou un autre port iranien.

Péage iranien : un système rodé

Pendant ce temps, les Gardiens de la Révolution perfectionnent leur propre système de contrôle. Désormais structuré en cinq niveaux, il s’applique à tous les navires, quelle que soit leur provenance. Les tankers chinois, indiens ou pakistanais doivent s’acquitter d’un péage d’un dollar par baril, réglé en bitcoin ou en yuan. La transaction, quasi instantanée, donne accès à un mot de passe VHF permettant de poursuivre la route le long des îles de Qeshm et Larak.

Une démonstration de force

Au-delà des détails techniques, l’épisode du Rich Starry illustre la volonté de Pékin de tester les limites du blocus américain. Washington, de son côté, cherche à maintenir la pression sur l’Iran sans ouvrir un front direct avec la Chine. Le détroit d’Ormuz reste ainsi le théâtre d’un bras de fer où chaque mouvement de navire devient un signal géopolitique.


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