S’il y a une expression que tout le monde connaît et dont l’utilisation est si courante qu’elle est devenue presque banale, sur toutes les lèvres dans les couloirs de nos cours et tribunaux et dans les salles d’audience, c’est bien l’expression : « En âme et conscience. » C’est en « âme et conscience », c’est-à-dire dans l’équité, qu’un juge prend une décision de justice attendue. Nous en parlons ici en remontant jusqu’à la source bien lointaine de la formule telle qu’elle nous est parvenue pour constituer un tout avec les pouvoirs délégués qui vont avec.
« Pouvoirs délégués »
Un juge délibérant en âme et conscience agit néanmoins en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par le droit positif en vigueur dans son pays L’âme et la conscience – toutes les deux porteuses de pouvoirs délégués au juge -, font de ce dernier un acteur dont le droit seul ne suffit pas à sonder entièrement le décideur final – toujours le juge – auquel est suspendu le sort des justiciables. Et ce n’est pas fini puisque le juge, doué de raison, pense sa décision de justice avant de la prendre. Qui peut l’en empêcher ? Personne ! Il est d’autant plus impossible de l’en empêcher que le juge dispose d’une mémoire – elle aussi pourvoyeuse de pouvoirs -, des décisions antérieures de justice qui aident le juge à mieux penser sa sentence. Ainsi est née la jurisprudence qui veut que l’invocation du passé aide à démêler le présent « sale et entremêlé ». Que dire de l’accumulation d’informations venant des autres et dont se nourrit l’intellect du juge, c’est-à-dire l’esprit du juge dans son fonctionnement intellectuel ? En collaboration étroite avec la logique du juge, l’intellect l’aide à donner à son verdict la forme la plus appropriée pour le fond de la décision de justice. Tout cela requiert un travail dont les justiciables ne mesurent pas toujours assez la délicatesse et l’ampleur pour accepter ou rejeter le résultat auquel le juge est arrivé pour enfin décider.
« Réarmer le citoyen lambda »
Il ressort de ce qui précède que juger ne consiste pas seulement à dire le droit positif. Il consiste aussi et surtout à faire un bon usage des pouvoirs dévolus au juge par l’âme, la raison, la conscience, la mémoire, l’intellect, la logique et le travail du juge. Quel fardeau pour si peu de considération venant de celles et de ceux si prompts à conspuer nos juges pour un oui ou pour un non ! Inacceptable !
Les mêmes iront le 25 février 2024 élire le cinquième président de la République du Sénégal. Choisiront-ils en âme et conscience le président de tous les Sénégalais pour cinq longues années encore (2024-2029) ? Rien n’est moins sûr ! Déjà des voix se lèvent dont celle du président de l’ONG Horizon sans Frontières, Boubacar SÈYE, pour dissuader le candidat Thierno Alassane SALL à demander que les dossiers de candidature remplissent toutes les conditions d’éligibilité incluant la nationalité exclusivement sénégalaise des prétendants au fauteuil présidentiel. En rappelant la loi, le candidat SALL souhaite qu’on la lui applique en même temps qu’elle s’applique à Karim WADE. Du coup, la mémoire libère la parole des électrices et des électeurs encore nombreux à se souvenir de la manière inique dont le SOPI disposa du pouvoir et de l’argent public. Pour sa part, la conseillère municipale à Saint-Louis, Madame Fatou THIAM est formelle : « Karim WADE est un businessman et sa nationalité française lui est très utile pour faire des affaires. »
Avis aux intellectuels pour, en âme et conscience, penser le scrutin du 25 février prochain et, logique pour logique, réarmer le citoyen lambda par leur travail d’éveilleurs de consciences.
« BOUN DIONNE, PRÉSIDENT ! »

