Victoire pour l’État de droit : Le CDEPS applaudit l’annulation des décrets du MCTN par la Cour suprême
Le Sénégal vient de connaître un tournant majeur pour la gouvernance démocratique. Le président du CDEPS, Mamadou Ibra Kane, a accueilli avec soulagement et détermination la décision de la Cour suprême d’annuler deux décrets pris par le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN). Pour lui, cette décision envoie un message clair : les abus de pouvoir ne passeront plus.
Selon ses mots, « le droit vient d’être encore dit pour sanctionner tous les agissements illégaux du Ministre de la Communication depuis la 3ᵉ alternance ». Une réaction qui illustre l’ampleur des tensions et dérives relevées ces derniers mois dans le secteur des médias.
Une annulation qui change tout
Même si la version écrite de la décision de la Cour suprême reste attendue, les effets juridiques sont, eux, déjà en cours. Mamadou Ibra Kane s’appuie sur les précisions de l’avocat Me Cheikh Amadou Ndiaye : toutes les décisions prises sur la base des décrets annulés sont désormais sans valeur légale.
Cette invalidation touche notamment :
- la création de la plateforme liée à la gestion des entreprises de presse,
- la commission de validation,
- l’ensemble du processus de dépôt et de traitement des dossiers du Fonds d’Aide à la Presse (FADP).
Cette décision marque un coup d’arrêt à une série de mesures jugées arbitraires et contraires à la Constitution et au Code de la Presse.
Une répression qui a laissé des traces humaines profondes
Au-delà de la bataille juridique, le CDEPS remet en lumière les dérives observées depuis plus de 21 mois. L’organisation dénonce des actes qualifiés de répressifs et aux conséquences humaines dramatiques :
- pression fiscale ciblée contre les médias,
- rupture illégale et unilatérale des contrats publicitaires de l’État,
- coupures de signal et confiscation de bouquets TV,
- blocage prolongé de la subvention annuelle,
- exclusion systématique de la presse privée des événements publics et des déplacements officiels.
Pour le CDEPS, ces pratiques relèvent d’une « logique de parti-État » qui n’a sa place ni dans une démocratie, ni dans un pays attaché à la liberté de la presse.
Les dégâts sociaux sont immenses : des milliers de travailleurs de la presse — journalistes, techniciens, chauffeurs, coursiers — ont perdu leur emploi. Des familles ont basculé dans la précarité, des enfants se retrouvent sans école ni couverture médicale.
La justice, dernier rempart contre les dérives
Face à ce tableau sombre, Mamadou Ibra Kane salue la décision de la Cour suprême comme un signal fort. Elle rappelle que les institutions judiciaires restent la dernière barrière contre les tentations autoritaires.
Il conclut avec une conviction profonde :
« Nos cours et tribunaux sont le meilleur rempart contre toutes les dérives autoritaires. »
Une prise de position qui sonne comme un appel à la vigilance, mais aussi comme un hommage à une institution qui vient, une fois de plus, de conforter l’État de droit au Sénégal.
