D’INTERNET À MACKYNET

Partager cet article

ÉDITORIAL

L’offre de Mahammed Boun Abdallah DIONNE aux jeunes

Le pouvoir est une aptitude. Mais à la différence d’autres aptitudes, le pouvoir est l’aptitude qui consiste pour A  une personne  à obtenir de B  une autre personne  qu’elle fasse ce qu’elle ne fait pas habituellement. On dit alors de la personne A  détentrice du pouvoir  qu’elle exerce un acte de pouvoir sur la personne B qui est, elle, le destinataire du pouvoir. Mais pour être durable et acceptable pour A et surtout pour B, le pouvoir doit être bien défini par des termes clairs dont l’ensemble constitue le domaine du pouvoir. En dehors de ce domaine, le pouvoir est fini. La personne A n’a donc plus que l’illusion d’un pouvoir dont la personne B ne reconnaît plus le domaine d’exercice.

S’agissant du pouvoir politique dans une société démocratique, toute chose dont l’usage modifie un des termes du domaine sans l’acceptation des deux parties A et B met fin au pouvoir. Pour ce type particulier de pouvoir  en l’occurrence le pouvoir politique  la modification de la durée par la partie détentrice sans l’onction de la partie destinataire entraîne la rupture de contrat qui met fin définitivement à la relation de pouvoir entre les parties.

Pour avoir touché la durée du mandat présidentiel de cinq (5) ans (2019-2024) par le subterfuge parlementaire du 5 février 2024, Macky SALL n’a plus la qualité qu’on lui reconnaît depuis la date de sa première élection le 25 mars 2012. Son pouvoir est fini.

L’anti-Internet ou Mackynet 

Parce qu’il n’aime pas qu’on en parle après coup, Macky SALL, par un abus anticipé de pouvoir, coupe les signaux indésirables et prive plusieurs millions d’usagers de leur connexion transparente à l’Internet. C’est la peur pas le pouvoir qui n’existe plus qui lui fait faire cela. Macky est du coup le destinataire du pouvoir de la peur investie d’une aptitude (indéfinissable) sur l’ancien président. Les plus jeunes des internautes  de 7 à 25 ans, tous des virtuoses connectés du Net, observent leur société politique et décèlent ses tares politiques à travers l’exercice extravagant du pouvoir politique par celui qui le détient temporairement. Pour chacun d’eux, Internet est le point de convergence de toutes les désapprobations de tous les abus de pouvoir.

Il est aussi le point où l’extravagance raillée perd définitivement le contrôle sur le plus grand nombre. Nous ne saurions décrire l’exaspération mobile à chaque fois que sévit l’Anti-Internet dont Mackynet est le nom barbare.

C’est aussi à ce grand groupe de jeunes exaspérés que s’adresse l’ancien Premier ministre Mahammed Boun Abdallah DIONNE dans la troisième partie de son essai de réflexion économique – «Le lion, le papillon et l’abeille» (Débats Publics, juin 2023)- que le grand public découvre depuis peu grâce à ce canard maintenant sur papier. « Il nous faut davantage, écrit DIONNE, intégrer les technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le secteur de l’éducation.

L’intelligence artificielle  conversationnelle et les TIC ont en effet le potentiel de révolutionner l’éducation en Afrique, en accélérant le processus d’apprentissage, en facilitant l’accès à l’information, en améliorant la qualité de l’enseignement et en permettant la collaboration horizontale entre les établissements de formation.» Pour ce faire, «il faut, poursuit DIONNE, investir dans l’infrastructure technologique, la formation des enseignants et le développement de ressources pédagogiques numériques adaptées aux contextes locaux.» Toutes choses dont l’Anti-Net, c’est-à-dire le Mackynet, constitue l’entrave. Suffisant pour ne plus reconnaître le moindre pouvoir à l’inventeur qui joue les prolongations d’un match dont l’arbitre constitutionnel a déjà sifflé la fin en vertu des pouvoirs constitutionnels qui lui sont dévolus.

Abdoul Aziz DIOP

DIONNE 2024


Partager cet article