Éducation au Sénégal : les syndicats d’enseignants dénoncent l’inaction du gouvernement et menacent de paralyser l’école

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Éducation : la colère des syndicats face à un dialogue jugé stérile

Au Sénégal, les syndicats d’enseignants montent au créneau après une rencontre avec le gouvernement jugée infructueuse. Réunis avec les autorités au lendemain de discussions présentées comme décisives, ils dénoncent l’absence de mesures concrètes et alertent sur un risque de blocage du système éducatif, à l’approche d’un troisième trimestre crucial.

Des attentes fortes, une déception immédiate

L’espoir d’une sortie de crise aura été de courte durée. Selon plusieurs responsables syndicaux, la réunion avec l’exécutif n’a débouché sur aucun engagement précis.

Le secrétaire général du CuSeMS, El Hadji Malick Youm, pointe une stratégie dilatoire : des revendications anciennes, déjà identifiées, continuent d’être renvoyées à des audits ou études sans calendrier clair.

Des revendications toujours en suspens

Au cœur des tensions, plusieurs dossiers sensibles restent bloqués :

l’application d’accords déjà signés, la réforme des retraites, la revalorisation salariale, l’élargissement des bénéficiaires des mesures, la fiscalité sur les rappels de salaire.

Le projet de protocole transmis le 23 mars 2026 n’a pas convaincu les syndicats, qui y voient des propositions insuffisantes et imprécises.

Des tensions aggravées par le contexte politique

Le climat s’est également tendu après certaines déclarations publiques. Des propos attribués au Premier ministre, Ousmane Sonko, lors d’une intervention à Mbour, sont perçus comme ayant durci les positions.

Résultat : la défiance s’installe entre les deux parties, compliquant toute issue rapide au conflit.

Le spectre d’une année scolaire perturbée

Face à l’impasse, les syndicats appellent à l’arbitrage du président Bassirou Diomaye Faye pour éviter une crise majeure.

Les chiffres avancés renforcent l’inquiétude : plus de 150 heures de cours auraient déjà été perdues sur les 1 240 prévues pour l’année scolaire 2025-2026.

À l’approche du troisième trimestre, la prochaine plénière syndicale s’annonce décisive. Elle pourrait acter une montée en puissance du mouvement, avec des perturbations accrues dans un système éducatif déjà fragilisé.


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