Financement du Sénégal : Cheikh Diba détaille une levée de 721 milliards FCFA et défend le recours au TRS

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Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, est sorti du silence pour éclairer l’opinion sur l’opération de financement menée par l’État sénégalais via un Total Return Swap (TRS). Lors d’une conférence de presse à Dakar, il a détaillé les contours de cette levée de fonds de 721 milliards de francs CFA, tout en répondant aux critiques.

Une levée de fonds jugée compétitive

Selon le ministre, cette opération s’est déroulée entre avril et novembre sur le marché financier régional, avec un taux moyen de 7 %, qu’il considère comme compétitif au regard des conditions actuelles.

Le TRS, instrument financier encore peu connu du grand public, permet à l’État d’accéder à des ressources importantes tout en optimisant la gestion de sa dette.

Des partenaires internationaux assumés

Pour structurer cette opération, le Sénégal s’est appuyé sur trois institutions majeures :

African Finance Corporation Société Générale First Abu Dhabi Bank

Cheikh Diba a tenu à clarifier que l’initiative est venue de l’État sénégalais, qui a lui-même sollicité ces partenaires.

Face aux critiques, il a dénoncé certaines attaques visant ces institutions, estimant qu’elles pourraient nuire à la crédibilité du pays : « S’en prendre à des partenaires qui ont répondu à notre sollicitation, c’est ignorer les efforts diplomatiques et financiers engagés », a-t-il averti.

Un appel à la responsabilité

Dans un contexte économique déjà tendu, le ministre a mis en garde contre les déclarations imprudentes susceptibles de fragiliser les relations avec des partenaires stratégiques.

Selon lui, la confiance construite avec ces institutions reste un levier essentiel pour garantir de futurs financements.

Le TRS, un outil encadré et maîtrisé

Sur le plan technique, Cheikh Diba reconnaît que le recours aux produits dérivés, comme le TRS, suscite des interrogations. Toutefois, il insiste sur le fait que cet instrument est largement utilisé à l’international.

Il souligne également que l’environnement financier de l’UEMOA, avec ses mécanismes de régulation et la stabilité de sa politique monétaire, limite considérablement les risques.

Une stratégie financière assumée

En définitive, le gouvernement assume pleinement ce choix stratégique, présenté comme une réponse adaptée aux contraintes actuelles de financement.

Le débat reste ouvert, mais pour Cheikh Diba, une chose est claire : le Sénégal doit continuer à innover dans ses mécanismes de mobilisation des ressources, tout en préservant la confiance de ses partenaires.


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