Revirement stratégique à Budapest
La Hongrie s’apprête à opérer un tournant majeur en matière de justice internationale. Le futur chef du gouvernement, Péter Magyar, a annoncé son intention d’annuler le retrait du pays de la Cour pénale internationale (CPI), décidé par son prédécesseur.
Cette décision implique une conséquence directe : Budapest appliquera désormais les mandats d’arrêt internationaux émis par la CPI. Parmi eux figure celui visant Benyamin Nétanyahou, poursuivi depuis 2024 pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans la bande de Gaza.
« Un État membre est tenu d’arrêter toute personne recherchée entrant sur son territoire », a insisté le dirigeant conservateur lors de sa première réunion parlementaire.
Une rupture avec l’ère Orbán
Ce repositionnement tranche nettement avec la politique de Viktor Orbán. En 2025, ce dernier avait accueilli Benyamin Nétanyahou à Budapest, avant d’annoncer le retrait de la Hongrie de la CPI, prévu pour entrer en vigueur le 2 juin 2026.
Fraîchement victorieux aux législatives, Péter Magyar a immédiatement affiché sa volonté de réintégrer le système judiciaire international et d’interrompre le processus de sortie avant son échéance.
Invitation controversée et clarification
Une zone d’ombre subsiste toutefois. Selon des sources israéliennes, Péter Magyar aurait invité Benyamin Nétanyahou à Budapest le 23 octobre, à l’occasion des 70 ans de l’insurrection hongroise de 1956.
Interrogé sur cette apparente contradiction, il a temporisé : l’invitation aurait été adressée de manière générale à plusieurs dirigeants. « Chaque chef d’État connaît les lois internationales », a-t-il affirmé, suggérant que toute visite impliquerait le respect des obligations juridiques en vigueur.
Un calendrier politique déjà fixé
Le futur Premier ministre a également annoncé la tenue de la séance inaugurale de l’Assemblée nationale les 9 et 10 mai 2026. Il y prêtera serment, ouvrant officiellement une nouvelle phase politique pour la Hongrie.
Enjeu diplomatique majeur
La décision de Budapest pourrait provoquer des tensions diplomatiques, notamment avec Israël, mais aussi redéfinir la position de la Hongrie au sein de l’Union européenne et sur la scène internationale. Elle marque surtout un retour affirmé au respect du droit international, après plusieurs années de confrontation avec les institutions européennes.
