Editorial
Qu’ils arrêtent Macky Sall et ses gens de nous bassiner avec leur prophétie à deux balles sans prophète : Élire au premier tour le candidat dont plus personne n’ose prononcer le nom depuis sa nomination au poste de candidat de la majorité taillée en pièces en juillet 2022. Entre janvier 2012 et janvier 2024, trois hauts faits historiques condamnent au silence les abonnés au farniente politicien.
Janvier 2012 : Le nombre de candidats Ă l’élection prĂ©sidentielle se chiffre Ă 14 prĂ©tendants au fauteuil le plus convoitĂ© du pays. Ce nombre imposa le second tour au prĂ©sident sortant Abdoulaye Wade qui perdit l’élection prĂ©sidentielle le 25 mars 2012 et quitta dĂ©finitivement le pouvoir le 2 avril de la mĂŞme annĂ©e. Les arithmĂ©ticiens les plus osĂ©s se rendirent enfin compte qu’une dĂ©mocratie dĂ©cidĂ©e Ă enregistrer sa deuxième alternance politique ne peut que se refuser Ă donner une majoritĂ© absolue – 50 % plus une voix – Ă un seul pour ne distribuer que moins que ça Ă 13 autres candidats parmi lesquels trois (Moustapha Niasse, Ousmane Tanor Dieng et Idrissa Seck) qu’on attendait et un outsider (Macky Sall) pour lequel un bon nombre de nos concitoyens se donna les moyens de l’attendre au second tour de scrutin.
Janvier 2019 : Macky Sall, le sortant, envoie au tapis quatre autres candidats (Idrissa Seck. Ousmane Sonko, Issa Sall et Madické Niang) dès le premier tour. Le décompte de l’arbitre a beau être lent, mais rien n’y fait. Il avait été plus raisonnable de distribuer moins de 42 % des suffrages valablement exprimés à quatre adversaires malheureux. Le verdict n’empêcha pas le pays de suivre la trajectoire que lui imprima 7 ans durant le locataire du Palais de la République, Monsieur Macky Sall.
Janvier 2024 : Retour aggravé à janvier 2000 avec beaucoup plus de candidats autorisés officiellement à participer à la campagne électorale entre le 2 février et le 23 février 2024. L’interdiction d’une victoire au premier tour de scrutin par les citoyens est d’autant plus nette et irrévocable que les électrices et les électeurs ont donné un premier aperçu de ce qu’ils ont bien l’intention de faire en juillet 2022 en refusant une majorité absolue aux réinventeurs de la roue pluraliste et démocratique. La messe est donc dite et si bien dite que les fidèles se congratulent entre eux.
Mais à qui va profiter l’interdiction totale d’une victoire dès le premier tour de scrutin le 25 février 2024 ? À mon humble avis, elle ne profitera qu’aux arithméticiens capables en même de trouver à leur candidat.e le comportement et le discours dont le contenu rationnel ne laisse vraiment personne indifférente. Mais non sans une longueur d’avance faite d’un assez long maniement des choses de l’Etat dont la manière rassurante provient d’une remarquable articulation des campagnes et des villes qui fait qu’un Mahammed Boun Boun Abdallah Dionne n’est pas Amadou Ba ou Abdoul Mbaye pour ne citer que l’actuel premier ministre et l’ancien d’avril 2012 à septembre 2013. Quid de tous les autres aspirants ? Leur aversion pour le régime des pires castings leur indique enfin le bon casting dont ils sont devenus les détenteurs légitimes.
Boun Dionne, Président !
Abdoul Aziz DIOP
DIONNE 2024
