L’APR face à des choix cruciaux : Réinvention et leadership en question

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L’APR face à des choix cruciaux : Réinvention et leadership en question

L’Alliance pour la République (APR), anciennement au pouvoir sous Macky Sall, éprouve des difficultés à se réinventer dans l’opposition. Les cadres du parti sont divisés entre fidélité à Macky Sall et soutien à Amadou Ba. La perspective d’élections législatives anticipées renforce l’urgence de définir une nouvelle direction.

Après douze ans au pouvoir, l’APR est désormais dans l’opposition et peine à s’accorder sur un nouveau leadership. Certains membres restent fidèles à Macky Sall, tandis que d’autres se tournent vers son ancien premier ministre, Amadou Ba.

« Certains ont encore la photo de Macky Sall comme profil sur WhatsApp, alors que d’autres affichent déjà celle d’Amadou Ba », rapporte Le Monde.

Macky Sall reste une figure influente au sein de l’APR. « Nous vivons une phase de recomposition politique. La stratégie commune doit être révisée, mais il faut aussi considérer les ambitions personnelles », explique un proche de l’ancien président, cité par Le Monde. Il considère Macky Sall comme le seul capable de gérer les conflits internes du parti.

Cependant, une partie de l’APR pense que Macky Sall devrait céder la place après sa défaite, notamment en raison de l’échec d’Amadou Ba à la présidentielle, malgré ses 36 % des voix. « 36 % des voix, c’est significatif », souligne Abdou Latif Coulibaly, ancien ministre de la Culture et partisan d’Amadou Ba.

Amadou Ba, connu pour son profil technocratique et sa discrétion, reste pour l’instant silencieux. « Il n’est pas un orateur, mais il a d’autres qualités », nuance un proche dans Le Monde.

Des réunions sont organisées par les soutiens d’Amadou Ba, comme Abdou Latif Coulibaly, qui a quitté l’APR en juillet. « Amadou Ba est prêt. Il faut juste s’organiser et choisir les meilleures options », assure-t-il.

La création d’un nouveau parti politique semble être une option pour l’ancien premier ministre. Le journaliste Mamoudou Ibra Kane, soutien d’Amadou Ba, considère cette option comme essentielle : « Il peut surmonter les difficultés de la fin de mandat de Macky Sall et attirer des libéraux et progressistes de divers horizons. »

Quel que soit le chemin choisi, l’urgence est de bâtir des alliances solides en vue d’éventuelles élections législatives anticipées dès septembre, un scénario redouté par l’ancien ministre Abdoulaye Saydou Sow : « Nous ne pouvons pas nous laisser surprendre. »

Au-delà des conflits internes, Abdoulaye Saydou Sow appelle à une profonde réinvention de l’APR : « L’APR, comme beaucoup de partis, a été conçu pour l’exercice du pouvoir, pas pour l’opposition. Il faudra le transformer. Nous devons aussi rajeunir nos figures et retourner aux bases militantes pour réinvestir les questions politiques laissées de côté. »

C’est un défi de taille pour ces anciens du pouvoir, qui devront s’inspirer de la stratégie des présidents Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, « qui ont fait émerger de jeunes cadres et de nouvelles thématiques avant de conquérir le pouvoir », conclut Le Monde.


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