La tragédie des accidents se poursuit!
Le Sénégal continue de vivre le cauchemar des accidents mortels. Il est à déplorer que depuis des décennies cette situation s’empire sans qu’aucun gouvernement n’ait réussi à trouver la bonne solution. Nous disons bien la bonne solution car tous les gouvernements ont tenté des remèdes, en vain. Mais, force est de reconnaître qu’aujourd’hui, aucune des solutions n’a donné les résultats voulus.
Il est encore plus inquiétant quand on écoute les nouvelles propositions de solutions exprimées par les autorités après de la tragédie de Koungheul. Ces solutions ne départissent pas decelles plusieurs fois expérimentées par les défunts régimes. Force est de constater que si elles étaient applicables ou si elles avaient produit les résultats escomptés on n’en serait pas là. Il faut donc obligatoirement changer de paradigmes et de référentiels d’appréciation, d’analyse des accidents au Sénégal pour réussir à sortir les passagers sénégalais du risque avéré de perdre la vie lors d’un simple déplacement sur le plus petit tronçon de nos routes nationales.
Les autorités ont toujours mis en avant le facteur humain et l’état des véhicules comme causes principales des accidents au Sénégal. Nous disons bien qu’il est tout à fait superfétatoire de le dire et de le répéter avec un énervement d’ailleurs très mal caché. Tout le monde voit bien que c’est un être humain qui conduit et c’est bien une machine appelée voiture qu’il conduit. Par conséquent les deux deviennent ipso facto les premiers intrants d’un accident de la circulation. Toutefois la question qu’on devrait se poser est la suivante : les autorités ont-elles mis un système adapté à l’indiscipline viscérale des chauffeurs sénégalais ? Ont-elles bien étudié l’homo-sénégalensis pour qui la mort n’intervient jamais par son action personnelle ou par sa responsabilité mais selon toujours la volonté divine. Ce qui le rend non seulement toujours irresponsable de tout ce qui peut arriver mais pire il s’absout de facto de ce qui pourrait arriver puisque de toute façon, c’est Allah le responsable des accidents. Donc essayer de mettre en œuvre l’éducation des chauffeurs sénégalais pour éviter les accidents est selon nous peine perdue. Nous pensons aussi que mettre en avant la sévérité des sanctions ne produiraient jamais les bonnes attitudes.
La solution doit être systémique. L’État doit mettre en place un système qui verrouille le chauffeur de transport en commun ou le conducteur de tout véhicule.
D’abord L’État doit installer carrément à la sortie de tous les garages du Sénégal un système de contrôle à priori de tous les véhicules qui sera chargé de donner le bon de sortie et où sont affectés un agent du ministère des transports et un agent de la police de circulation. Le contrôle à priori des véhicules avant toute sortie du garage pour un voyage par des agents étatiques donc incorruptibles permettra à coup sûr le respect au préalable des visites techniques mais aussi le contrôle des cargaisons de bagages portées par les véhicules ainsi que l’état des pneus.etc.
Ensuite, il faut très vite aller vers des routes à sens unique. Toutes les routes interurbaines ou les routes à grande fréquentation doivent être des routes avec deux fois deux voies et à sens unique pour éviter les collisions entre les véhicules.
Enfin, il faut interdire pour les très longs voyages, de plus de trois cents kilomètres que le transport soit effectué par des véhicules de transport en commun de plus de quinze places. Cela permettra d’éviter les surcharges en termes de passagers et de bagages et cela réduira presque totalement la crevaison des pneus en pleine vitesse.
De toute façon le chauffeur sénégalais ne peut être discipliné uniquement que parce que le système mis en place ne lui a pas permis de faire autre chose. Mais les menaces de sanctions ou même d’emprisonnement ou tout autre menace d’établissement d’un permis à points ne serviront à rien du tout.
Dons chères autorités optez pour un système qui est comme une camisole de force pour le chauffeur et qui ne donne pas à dernier la possibilité d’entrer dans ses travers d’ancien apprenti indiscipliné devenu chauffeur.
Chérif ANIFANAW SANÉ.

