Présidentielle 2029 : Pastef dépose une loi pour sécuriser l’éligibilité de Sonko

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Pastef lance une réforme pour trancher la question Sonko

La majorité présidentielle a engagé une offensive législative pour lever les incertitudes autour de la candidature du Premier ministre Ousmane Sonko en 2029. Le 2 avril, les députés de Pastef ont officiellement déposé une proposition de loi visant à modifier le Code électoral, notamment la loi n°2021-35 du 23 juillet 2021.

Une initiative portée par la majorité parlementaire

Le texte est signé par plusieurs figures du groupe parlementaire Pastef, dont son président Mohamed Ayib Salim Daffé, ainsi que les députés Ismaïla Wone, Saye Cissé et Saliou Ndione.

Objectif affiché : adapter le cadre juridique pour lever toute ambiguïté sur les conditions d’éligibilité à l’élection présidentielle. En réalité, cette initiative intervient dans un contexte politique tendu, marqué par des interrogations persistantes sur le cas spécifique d’Ousmane Sonko.

L’ombre de l’affaire Mame Mbaye Niang

Depuis le rejet, le 1er juillet 2025, du rabat d’arrêt introduit par Ousmane Sonko dans l’affaire l’opposant à Mame Mbaye Niang, le débat juridique reste ouvert. À cela s’ajoute le retard dans la réouverture du procès, alimentant les incertitudes.

Deux lectures s’opposent :

Pour certains juristes, rien n’empêche aujourd’hui le leader de Pastef de se présenter en 2029, notamment après sa réintégration dans le fichier électoral à la suite de la loi d’amnistie. Pour d’autres, la décision définitive de la Cour suprême, postérieure à cette amnistie, pourrait constituer un obstacle juridique à sa candidature.

L’interprétation exacte de la portée juridique de cette décision reste sujette à controverse dans la doctrine.

Une réforme à forte portée politique

Au-delà de l’argument technique, cette proposition de loi apparaît comme une réponse politique à une incertitude majeure pour la majorité. Elle vise à verrouiller, en amont, toute contestation potentielle de la candidature de Sonko.

En filigrane, la question de son éligibilité continue de structurer le débat public, à trois ans de l’échéance présidentielle. Cette réforme pourrait ainsi redessiner les règles du jeu électoral sénégalais.


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