ÉDITORIAL
À quoi sert un grand événement sportif de taille continentale comme la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football ? Rien d’autre qu’une contrainte de calendrier qui veut que le Sénégal, dernier vainqueur de la Coupe, remette en jeu son trophée pour le reconquérir, en janvier 2024 en Côte d’Ivoire, devant les meilleurs équipes d’Afrique C’est déjà beaucoup ! Mais ne l’oublions pas ; il s’agit bien du sport roi et à ce titre le football a un effet d’entraînement sur tous les autres sports.
D’où l’intérêt pour chaque candidat à l’élection présidentielle du 25 février 2024 de faire preuve de fair play et de donner de vrais gages sportifs au monde du sport dont nous faisons tous partie d’une manière ou d’une autre.
Unification des sports
Le 5 décembre 2017, le Premier ministre du Sénégal Mahammed Boun Abdallah DIONNE prononce son deuxième discours de politique générale à l’Assemblée nationale après celui de novembre 2014. DIONNE 2, à pied d’œuvre, dit son ambition pour les sports, tous les sports. « Un accent particulier sera aussi mis sur la promotion du sport scolaire et universitaire et sur la promotion de toutes les disciplines sportives, sur l’ensemble du territoire. Le nouveau code du sport sera adopté et des conventions d’objectifs seront signées avec les fédérations nationales sportives, d’ici à 2019 », déclare le Premier ministre. Le ministre des Sports, Matar BA, se chargea de l’explication de texte en des termes clairs : « Quand on aura ce code du sport, on ne va plus parler de sponsors qui ne participent pas, de manque de moyens, mais on va parler de professionnalisme, de projets montés qui permettent d’aller de l’avant, de vivre efficacement la dimension économique du sport.» Pour le champion d’Afrique de football, Matar BA, l’année 2019 était la date butoir – à ne pas dépasser – de publication du nouveau code. La suppression du poste de chef de gouvernement plomba depuis le projet grâce auquel sont assurés l’unification de la loi spécifique au sport et l’accès, par une porte d’entrée unique, aux autres codes. Où en sommes-nous à moins de deux mois du scrutin du 25 février prochain ?
Amadou BA pour l’amateurisme
Cinq ans après Boun DIONNE, Amadou BA fait, le 12 décembre 2022. sa déclaration de politique générale devant les députés nouvellement élus. Pas un mot sur la proposition d’une charte du sport par la Commission Culture, Art, Jeunesse et Sport du dialogue national et à la demande de finalisation, en février 2022 en conseil des ministres, du projet de loi relatif à ladite charte. Pas un mot évidemment sur le code du sport, donnant libre cours à ce que redoutait Matar BA en déclarant, peu après Boun DIONNE, que « sans ce code du sport, on ne peut pas avancer parce qu’on sera dans l’amateurisme et ce n’est pas l’amateurisme qui peut développer le sport».
Il y a très peu, le 28 octobre 2023, un universitaire – le Professeur agrégé de droit et spécialiste des droits du sport et de l’économie Abdoulaye SAKHO monte au créneau pour soutenir, par la réflexion, l’auteur de la déclaration de décembre 2017 en présentant son livre au public venu nombreux l’écouter au King Fahd Palace à Dakar. « Le droit au soutien de l’investissement dans le sport : Eléments pour le code du sport du Sénégal ! » C’est par ce titre et sous-titre que le Professeur SAKHO conforte la politique sportive du candidat de DIONNE 2024. «Le sport s’est transformé en une activité économique qui nécessite un soutien accru du gouvernement pour assurer son organisation, son développement, et promouvoir un meilleur accueil des investissements», résume Seneplus dans son compte rendu. Pour tous les sports, Mahammed Boun Abdallah DIONNE, Président et premier coach du pays, sait où il va depuis de nombreuses années déjà. Il en est de même pour tous les autres secteurs.
