Révision constitutionnelle : Alioune Tine appelle à suspendre l’examen du texte et réclame un dialogue national

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Les députés se prononcent ce lundi sur une réforme majeure de la Constitution

L’Assemblée nationale examine ce lundi 29 juin la proposition de loi portant révision de la Constitution. À quelques heures de cette séance décisive, le fondateur d’Afrikajom Center, Alioune Tine, demande la suspension de la procédure parlementaire afin d’ouvrir un dialogue national avant toute modification de la Loi fondamentale.
Déposé par le groupe parlementaire Pastef, le projet prévoit la révision de 29 articles de la Constitution. Parmi les principales mesures figurent la création d’une Cour constitutionnelle en remplacement du Conseil constitutionnel, l’interdiction pour le président de la République de diriger un parti politique, ainsi qu’un renforcement des prérogatives du Parlement.
Cette réforme suscite déjà des réactions au sein de la société civile. Quinze organisations ont lancé une pétition pour réclamer une consultation citoyenne plus large avant l’adoption d’un texte qui redessinerait durablement les institutions sénégalaises.
« Une Constitution ne se modifie pas sans consensus »
Pour Alioune Tine, une révision constitutionnelle ne peut se limiter à une majorité parlementaire. Le défenseur des droits humains estime qu’un texte aussi structurant doit être précédé d’un dialogue national réunissant les institutions, les partis politiques, la société civile et les citoyens.
« Chaque fois qu’il s’agit de toucher à la Constitution, il faut organiser un dialogue national et construire un consensus », plaide-t-il, en appelant le président de l’Assemblée nationale à suspendre les travaux prévus ce lundi.
Selon lui, le contexte économique et social actuel, marqué par les défis de l’endettement, de l’emploi et des attentes des populations, impose la concertation plutôt qu’une logique de confrontation politique.

Tirer les leçons des crises passées

Alioune Tine rappelle que les précédentes crises politiques ont démontré les risques d’une réforme institutionnelle menée sans consensus. S’il reconnaît la légitimité du Parlement à réviser la Constitution, il considère qu’un texte fondamental doit dépasser les rapports de force politiques du moment.
À ses yeux, seule une démarche inclusive permettra de renforcer la légitimité des futures institutions et de garantir leur stabilité sur le long terme.
Alors que les députés sont appelés à se prononcer ce lundi matin, l’appel au dialogue relance le débat sur la méthode à adopter pour conduire l’une des réformes institutionnelles les plus importantes du mandat.


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