Dakar, 30 mars 2026 – Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a promulgué le 27 mars 2026 la loi n°2026-08 modifiant l’article 319 du Code pénal. Publiée dans le Journal officiel du 30 mars, cette réforme marque un durcissement significatif de la répression des actes qualifiés de « contre nature ».
Les nouvelles dispositions
Le texte adopté par l’Assemblée nationale le 11 mars 2026 redéfinit et élargit la notion d’« acte contre nature » :
- Tout acte sexuel ou à caractère sexuel entre personnes de même sexe.
- Tout acte sexuel impliquant un cadavre humain ou un animal.
Les sanctions prévues sont renforcées :
- Peine de prison : de 5 à 10 ans.
- Amende : de 2.000.000 à 10.000.000 FCFA.
- En cas d’acte commis avec un mineur, la peine maximale est obligatoire.
- Le juge ne peut ni accorder de sursis, ni réduire la peine en dessous du minimum fixé.
Par ailleurs, la loi criminalise l’« apologie » de ces actes, incluant toute représentation, publication, parole, écrit, image ou procédé promouvant l’homosexualité, la pédophilie, la nécrophilie ou tout acte assimilé.
Un durcissement notable
Cette réforme supprime la possibilité de sursis et limite la marge d’appréciation des juges, ce qui constitue un tournant dans la politique pénale du pays. Elle s’inscrit dans une volonté affichée par les autorités de renforcer la répression des comportements jugés contraires aux « valeurs sociales » sénégalaises.
Réactions attendues
La promulgation de cette loi devrait susciter de vives réactions, tant au niveau national qu’international. Les organisations de défense des droits humains pourraient dénoncer une atteinte aux libertés fondamentales, tandis que certains acteurs politiques et religieux saluent une mesure de « protection des valeurs morales ».

