Sénégal : face à la répression, des homosexuels fuient pour « rester en vie »

Partager cet article

Dans un contexte récent marqué par un durcissement législatif.

En raison des violences sociales et d’une loi alourdissant les peines liées à l’homosexualité.

« Fuir n’est pas une joie, mais au moins, je reste en vie ». Comme Assane, de nombreux Sénégalais homosexuels choisissent l’exil pour échapper à un climat devenu hostile, marqué par la stigmatisation sociale et un renforcement des sanctions pénales.

Un rejet familial et social brutal

Arrivé en France il y a sept mois, Assane a quitté le Sénégal après avoir été surpris avec un partenaire par son père, qui l’aurait menacé de mort. Sa mère, elle, a rompu tout lien, évoquant une « honte ».

Dans son quartier, l’homme décrit une chute brutale : « Avant, tout le monde m’appréciait. Aujourd’hui, je suis rejeté par tous ». Un basculement qui illustre la pression sociale persistante dans un pays où l’homosexualité reste largement condamnée.

Au Sénégal, société majoritairement religieuse, l’homosexualité est souvent perçue comme une déviance ou une influence étrangère. « Ce n’est pas un choix », insiste Assane, qui évoque un combat personnel infructueux pour « changer ».

Une loi qui durcit la répression

Le contexte s’est récemment aggravé. Une nouvelle loi promulguée à Dakar a doublé les peines visant les relations homosexuelles, désormais passibles de cinq à dix ans de prison.

Ce durcissement intervient alors que les arrestations pour homosexualité présumée se multiplient. Selon plusieurs témoignages, les autorités examineraient les téléphones des personnes arrêtées afin d’identifier d’autres suspects, accentuant la peur au sein de la communauté.

Un climat de peur généralisé

Pour les organisations de défense des droits humains, la situation s’est nettement dégradée. Des militants évoquent un climat de peur, marqué par la clandestinité croissante des personnes concernées.

Conséquence directe : les échanges sur les réseaux sociaux se raréfient, les sorties sont limitées, et certains renoncent même à travailler ou à suivre des traitements médicaux, notamment contre le VIH.

Face à cette pression, des structures d’aide se mobilisent à l’international. Une ligne d’écoute dédiée reçoit désormais des appels de Sénégalais en détresse, dont beaucoup envisagent de quitter le pays.

L’exil comme unique issue

Pour Assane, la conclusion est sans appel : « La seule chose à faire, c’est partir ». Un constat partagé par d’autres, souvent freinés par un manque de moyens.

Depuis 2021, la France ne considère plus le Sénégal comme un pays sûr pour certaines demandes d’asile liées à l’orientation sexuelle [À vérifier selon sources actualisées]. Une évolution qui pourrait faciliter les démarches de réfugiés comme Assane.

Aujourd’hui, il espère obtenir ce statut pour reconstruire sa vie. « Je veux simplement vivre sans me cacher », confie-t-il.

Reconstruction fragile en exil

L’arrivée en France n’a pas immédiatement apaisé les traumatismes. Insomnies, anxiété, isolement : les séquelles psychologiques persistent. Mais avec un accompagnement, Assane commence progressivement à retrouver un équilibre.

Son témoignage illustre une réalité plus large : pour certains Sénégalais homosexuels, l’exil n’est pas un choix, mais une question de survie.


Partager cet article