Déclaration de Sonko sur Trump : Thierno Bocoum dénonce une maladresse linguistique et une dérive diplomatique

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La récente déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko, qualifiant Donald Trump d’« homme de déstabilisation du monde », continue de susciter des réactions. Parmi elles, celle de Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR–Les Leaders, qui pointe une erreur linguistique doublée d’une maladresse diplomatique.

Selon Bocoum, la formule employée par Sonko est « impropre » :

« En français, l’expression homme de s’applique à des qualités ou des fonctions — homme de paix, homme d’État — et non à un processus. Le mot déstabilisation renvoie à une action. Il aurait fallu parler d’un acteur ou facteur de déstabilisation, comme le veut la rigueur du langage diplomatique. »

Mais pour l’ancien député, le problème dépasse la syntaxe. Il estime que la diplomatie d’un pays ne se mène pas dans la personnalisation des positions, mais dans une ligne officielle portée par le Chef de l’État.

« Donald Trump n’est pas un homme de paix, certes, mais il ne revient pas à un Premier ministre de le dire. La parole diplomatique obéit à des règles, à une cohérence. Le populisme, lui, s’en affranchit pour se donner une posture de courage sans en assumer les responsabilités », déclare-t-il.

Thierno Bocoum voit dans cette sortie une tension entre la stratégie politique de Sonko et les exigences de gouvernance du quinquennat actuel. Il interpelle également le président Bassirou Diomaye Faye, qu’il juge confronté à un recul de l’autorité gouvernementale :

« Le Chef de l’État est de plus en plus interpellé sur sa part de responsabilité dans cette gouvernance jugée trop passive face aux enjeux actuels. »

Cette polémique illustre les fragilités du tandem Faye–Sonko, entre ambitions politiques et contraintes institutionnelles, dans un contexte où chaque mot prononcé sur la scène internationale pèse lourd.


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