Trump déroule le tapis rouge à cinq présidents africains : entre business, minerais et diplomatie musclée

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Washington – C’est une scène peu banale qui s’est jouée cette semaine à la Maison-Blanche : cinq chefs d’État africains, tous venus de pays riches en ressources naturelles, ont été reçus avec les honneurs par Donald Trump. Objectif affiché : tourner la page de l’aide au développement pour ouvrir celle du commerce et des partenariats « gagnant-gagnant ».

Une invitation très ciblée

Ils ne sont que cinq, mais leur sélection n’a rien du hasard. Le Sénégal, la Mauritanie, le Gabon, la Guinée-Bissau et le Libéria partagent un point commun : des sous-sols gorgés de minerais stratégiques (or, uranium, lithium, pétrole, gaz). Autant dire que dans la nouvelle vision de Trump, ces pays sont devenus des partenaires de choix.

« L’Afrique est un continent dynamique, avec des terres de très grande valeur, des super minerais, et des gens merveilleux », a lancé Trump, fidèle à son style direct. Il a promis de « passer de l’aide au commerce », insistant sur la nécessité de relations plus équilibrées.

Des échanges francs, des promesses discrètes

Aucun accord officiel n’a été signé devant les caméras, mais les discussions ont été intenses. Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a vanté la stabilité politique de son pays et a même glissé à Trump une invitation à investir dans… un club de golf au Sénégal. Clin d’œil bien senti à l’homme d’affaires devenu président.

Son homologue mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani, a mis en avant les richesses minières de son pays, tandis que le Gabonais Brice Oligui Nguema a rappelé que son pays regorge de pétrole et de gaz. Tous ont plaidé pour des investissements directs, loin des logiques d’assistanat.

Sécurité, minerais et influence géopolitique

En toile de fond, un enjeu stratégique : l’accès aux ressources critiques pour les technologies de demain. Les États-Unis veulent sécuriser leurs approvisionnements, tout en contrant l’influence grandissante de la Chine et de la Russie sur le continent.

Washington a aussi évoqué un appui sécuritaire dans le Golfe de Guinée, zone sensible marquée par la piraterie maritime. En échange ? Un accès privilégié aux ressources naturelles.

Une main tendue… et une porte qui se referme ?

Ironie du calendrier : alors que Trump tend la main à certains dirigeants africains, son administration envisage de restreindre l’entrée de ressortissants de 25 pays africains sur le sol américain. Quatre des cinq pays invités sont concernés. Une contradiction qui n’a pas échappé aux observateurs.

Une nouvelle ère ?

Ce mini-sommet marque-t-il un tournant dans les relations entre les États-Unis et l’Afrique ? Difficile à dire. Mais une chose est sûre : Trump veut parler business, pas charité. Et les présidents africains présents l’ont bien compris.


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