La CESL suspend la grève après deux mois de tensions
Saint-Louis, 14 avril 2026. La Coordination des étudiants de Saint-Louis (CESL) annonce la suspension de son mot d’ordre de grève à l’Université Gaston Berger (UGB), après près de deux mois de mobilisation. L’organisation étudiante, qui défend les intérêts matériels et moraux des étudiants, appelle dans le même temps les autorités à engager un dialogue « sincère, responsable et durable » pour sortir de la crise.
Une crise déclenchée par la réforme des bourses
À l’origine du mouvement, la contestation de mesures liées aux critères d’attribution des bourses universitaires. La CESL dénonce notamment :
l’application jugée « brutale » du principe de non-rétroactivité ; le retrait total des allocations pour certains étudiants dits « enjambistes » ; des décisions prises sans concertation avec les acteurs universitaires.
Selon la coordination, ces mesures contreviennent aux règles en vigueur et compromettent le bon déroulement de l’année académique, en imposant un calendrier « contraire à l’objectif de normalisation ».
Une mobilisation d’ampleur nationale
Face à ces décisions, la CESL affirme avoir mené un combat « déterminé » à l’échelle nationale, tout en maintenant une ouverture au dialogue. Plusieurs rencontres ont été engagées avec des acteurs institutionnels et sociaux, notamment :
la Commission chargée de l’éducation de l’Assemblée nationale ; le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) et la Direction des bourses ; le comité de dialogue sectoriel ; des autorités religieuses, dont l’archevêque de Dakar et des représentants d’organisations islamiques.
Suspension de la grève, mais vigilance maintenue
La suspension de la grève marque une inflexion dans le rapport de force, sans pour autant signifier la fin des revendications. La CESL insiste sur la nécessité d’un climat apaisé pour poursuivre les discussions.
L’organisation prévient toutefois que cette décision reste conditionnée à la bonne foi des autorités. Elle attend des engagements concrets pour résoudre durablement la question des bourses et restaurer la confiance au sein de la communauté universitaire.
Un test pour le dialogue social universitaire
Cette sortie de crise partielle constitue un test pour les autorités sénégalaises, appelées à démontrer leur capacité à instaurer un dialogue inclusif dans un contexte marqué par des tensions récurrentes dans l’enseignement supérieur.
Pour les étudiants de l’UGB, la priorité reste désormais la reprise normale des activités académiques, dans un environnement stabilisé.

