En 1993, le navire chinois Yinhe a été accusé par Washington de transporter des précurseurs chimiques vers l’Iran. Sous pression américaine, les pays du Golfe ont refusé de l’accueillir, et son système de navigation GPS a été brouillé. Résultat : le navire est resté bloqué 24 jours en mer, incapable d’accoster.
Une inspection conjointe américano-saoudienne a finalement confirmé que le Yinhe ne transportait aucune arme ni matériel militaire. Pour Pékin, l’incident a été vécu comme une humiliation et une alerte stratégique : dépendre du GPS américain signifiait rester vulnérable.
Moins d’une décennie plus tard, la Chine lançait les premiers satellites de son propre système de navigation, BeiDou, aujourd’hui composé de plus de 50 satellites et offrant une couverture mondiale.
Conséquences géopolitiques
- Naissance de BeiDou : Pékin voulait un système indépendant, impossible à désactiver par une puissance étrangère.
- En 2015, l’Iran avait signé un mémorandum avec Pékin pour intégrer BeiDou. En 2021, le système de guidage de missiles iranien était déjà intégré. La transition a été silencieuse : une disparition lente de la dépendance GPS.
- Puis le détonateur est arrivé. Durant la guerre de 12 jours l’année dernière, les brouillages GPS israéliens ont paralysé les navires et les avions iraniens. Le 23 juin 2025, l’Iran a officiellement désactivé le GPS dans tout le pays, bloquant les signaux américains à la source. Le passage au système chinois BeiDou-3 (BDS-3) est terminé.
- Contrairement au GPS, le signal B3A de niveau militaire du BDS-3 s’est avéré résistant aux interférences, maintenant un taux de réussite de positionnement de 98%. Avec plus de 50 satellites – contre 31 GPS – BeiDou offre une couverture supérieure sur le plateau iranien.
- Avant le mouvement BDS, l’Iran avait recours à des bombardements massifs, des centaines de roquettes pour accabler les défenses, épuisant ses réserves avec un effet limité. Maintenant, grâce à la précision du système BeiDou, l’Iran a adopté une doctrine d’attaque de précision : l’utilisation de missiles et de drones par des manœuvres complexes à des distances allant jusqu’à 2000 kilomètres. Les attaques chirurgicales ont remplacé celles qui épuisaient les réserves..
