L’accès au logement et à la propriété foncière reste un défi majeur au Sénégal. Malgré de nombreux projets et initiatives, les populations vulnérables rencontrent encore de grandes difficultés pour obtenir un logement décent. Des programmes comme SICAP.SA, SN-HLM, les coopératives d’habitat, ainsi que les initiatives « Une Famille – Un Toit », « Zéro Bidonville » et « 100.000 Logements » ont été mis en place par différents régimes pour améliorer l’accès à l’habitat. Cependant, ces politiques n’ont pas toujours atteint leurs objectifs en raison de la croissance démographique, de la spéculation foncière et des intérêts des promoteurs immobiliers.
Lors du Conseil des ministres du jeudi 18 juillet 2024, le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a donné de nouvelles directives pour faciliter l’accès au logement et à la propriété foncière. Ces mesures incluent des incitations fiscales, foncières et financières durables, visant à intégrer une nouvelle politique de promotion de l’accès au logement. Le Président a également souligné l’urgence de gérer les problématiques des loyers et de la construction de logements sociaux.
Le Président Faye avait déjà abordé la question foncière lors d’une conférence de presse le 13 juillet 2024, où il a annoncé des mesures pour reprendre et réaffecter équitablement les parcelles de terrain aux populations. Il a insisté sur l’importance de l’accès à la propriété pour chaque travailleur, en déclarant : « La maison, c’est la sécurité. »
Malgré ces efforts, l’accès à la propriété bâtie demeure une préoccupation majeure pour les Sénégalais. Le programme des 100.000 logements, initié sous l’ancien président Macky Sall pour éradiquer les bidonvilles d’ici 2035, a pour objectif de fournir des logements décents à plus de 4 millions de personnes. Ce projet vise à combler le déficit de logements évalué à 150.000 à Dakar et 350.000 dans le reste du pays. Cependant, les coûts élevés de ces logements sociaux restent un obstacle pour de nombreux Sénégalais.
La mise en œuvre du programme 100.000 logements a commencé par la création de la Société d’Aménagement Foncier et de Rénovation Urbaine (SAFRU.SA) et le Fonds pour l’Habitat Social (FHS). Ces structures ont démarré des travaux d’aménagement et de construction dans plusieurs régions, mais les coûts des logements, jugés exorbitants, restent une barrière pour beaucoup.
Les projets antérieurs, tels que le Plan Jaxaay et la cité Tawfekh, lancés en réponse aux inondations, ont également montré leurs limites en raison de détournements au profit de clientèles politiques et de nantis. De même, le projet « Une Famille – Un Toit », relancé par le président Macky Sall, a connu un succès limité avec seulement 222 logements livrés à ce jour.
Depuis les indépendances, des structures comme SICAP SA et SN-HLM ont contribué à la promotion de la propriété immobilière à travers des programmes de location-vente et d’achat au comptant. Les coopératives d’habitat, appuyées par l’État, ont également permis à de nombreux salariés d’accéder à la propriété. Cependant, la spéculation foncière et la montée des promoteurs privés ont compliqué l’accès à des logements abordables pour les ménages à faibles revenus.
Face à ces défis, le gouvernement de Bassirou Diomaye Diakhar Faye s’efforce de mettre en œuvre des réformes pour améliorer l’accès au logement. La question demeure : quand les premières villas seront-elles officiellement livrées et les clés remises aux bénéficiaires ? Les Sénégalais attendent avec impatience des solutions concrètes pour réaliser leur rêve de devenir propriétaires.
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