Mandat d’arrêt à Abuja dans une affaire de détournement présumé

Un tribunal de grande instance d’Abuja a émis, jeudi 16 avril 2026, un mandat d’arrêt contre l’ancienne ministre nigériane des Affaires humanitaires, Sadiya Umar Farouq, et un haut fonctionnaire de son ministère, Bashir Nura Alkali.
En cause : une affaire de fraude présumée portant sur environ 1,3 million de dollars et plus de 746 millions de nairas.
Le juge Jude Onwuegbuzie a pris cette décision après l’absence des deux principaux accusés à l’audience. Seul le troisième prévenu, Sani Nafiu Mohammed, s’est présenté devant la juridiction.
Des accusations lourdes : détournement et abus de pouvoir
Les trois suspects sont poursuivis par la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) dans un dossier comportant 21 chefs d’accusation.
Ils sont notamment visés pour :
violation de confiance abus de fonction attribution frauduleuse de contrats détournement de fonds publics
Selon l’acte d’accusation, les faits remonteraient à la période comprise entre mai 2021 et septembre 2022, à Abuja.
Le ministère aurait versé des fonds excédentaires dans le cadre d’un programme social, destinés à être remboursés. Ces montants auraient été détournés à des fins personnelles, en violation du Code pénal nigérian.
Une procédure entravée par l’absence des accusés
À l’audience, le procureur Rotimi Jacobs a expliqué que l’acte d’accusation avait été déposé dès décembre 2025, mais que les deux principaux accusés n’avaient pas pu être présentés devant la justice.
Malgré les engagements de leurs avocats, leur comparution n’a jamais été effective. Le tribunal a donc ordonné leur convocation officielle par voie d’État.
Le procureur a précisé que seule la présence du troisième accusé a été obtenue après intervention de son garant.
Santé invoquée, mais preuves contestées
La défense de Sadiya Umar Farouq a invoqué des raisons médicales pour justifier son absence. Selon son avocat, l’ancienne ministre serait souffrante.
Mais le parquet conteste cette version.
Le procureur affirme que les documents médicaux fournis sont postérieurs à l’inculpation et ne justifient pas le déplacement antérieur en Arabie saoudite, pour lequel un passeport avait été exceptionnellement restitué.
Autre point soulevé : l’ex-ministre n’aurait pas rendu son passeport aux autorités depuis ce voyage, et aucun rapport médical officiel n’a été transmis à ce jour.
Le tribunal a rejeté la tentative de la défense d’introduire un affidavit pour justifier l’absence de la prévenue.
Une affaire emblématique de la lutte anticorruption
Ce dossier s’inscrit dans un contexte de renforcement de la lutte contre la corruption au Nigeria, où l’EFCC multiplie les poursuites contre d’anciens responsables publics.
Le mandat d’arrêt marque une nouvelle étape dans cette procédure judiciaire à fort enjeu politique et financier.
