Le directeur exécutif de l’ONG 3D demande la suspension du processus et exhorte le chef de l’État à privilégier le dialogue
À la veille de l’examen de la proposition de loi portant révision de la Constitution, le débat politique s’intensifie au Sénégal. Moundiaye Cissé, directeur exécutif de l’ONG 3D, a appelé les autorités à suspendre le processus législatif afin d’engager une concertation nationale. Selon lui, une réforme de la Loi fondamentale ne peut être conduite par la seule majorité parlementaire sans un large consensus impliquant l’ensemble des forces vives de la Nation.
Une mise en garde contre une réforme sans concertation
Dans une déclaration rendue publique, le responsable de l’ONG 3D estime que la Constitution constitue le socle de l’État de droit et ne doit pas être modifiée au rythme des rapports de force politiques.
Pour Moundiaye Cissé, toute révision de la Charte fondamentale doit résulter d’un dialogue inclusif associant majorité, opposition, organisations de la société civile et citoyens. À défaut, une telle réforme risquerait d’alimenter les tensions politiques et de fragiliser la confiance dans les institutions.
« La Constitution ne peut être révisée au gré d’une majorité parlementaire, sans débat national ni consensus », affirme-t-il.
Un appel au report du vote à l’Assemblée nationale
Face aux divergences qui entourent le projet de révision constitutionnelle, Moundiaye Cissé invite les députés à reporter l’examen du texte.
Selon lui, un délai supplémentaire permettrait d’ouvrir des consultations plus larges afin de rechercher un accord sur les réformes envisagées. L’objectif, explique-t-il, est de préserver la légitimité des institutions et d’éviter qu’une réforme majeure ne soit perçue comme le résultat d’un affrontement politique.
Le président de la République directement interpellé
Le directeur exécutif de l’ONG 3D s’adresse également au président de la République, qu’il appelle à exercer pleinement ses prérogatives constitutionnelles.
Il estime que le chef de l’État, garant de la Constitution, de la stabilité des institutions et de l’unité nationale, dispose des moyens nécessaires pour favoriser l’apaisement du climat politique.
Dans cette perspective, il l’invite à prendre toutes les initiatives prévues par la Constitution afin de suspendre le processus en cours et d’engager un dialogue national rassemblant les différentes composantes du pays.
Un débat qui dépasse le cadre parlementaire
La controverse autour de la révision constitutionnelle révèle des divergences profondes sur la méthode de conduite des réformes institutionnelles.
Alors que la majorité parlementaire défend un texte inspiré des conclusions du Dialogue national de 2025, plusieurs organisations de la société civile estiment qu’une réforme de cette ampleur nécessite un consensus politique et citoyen plus large.
Le débat ne porte donc plus uniquement sur le contenu des modifications proposées, mais également sur la gouvernance du processus et la recherche d’une adhésion nationale.
Une réforme décisive pour l’avenir des institutions
À quelques heures de l’examen du texte par l’Assemblée nationale, les appels au dialogue se multiplient. Les prochains choix des autorités seront déterminants pour la suite du processus.
Au-delà des équilibres politiques du moment, la révision de la Constitution représente un enjeu majeur pour la stabilité institutionnelle du Sénégal. Pour de nombreux observateurs, la capacité des acteurs politiques à privilégier la concertation pourrait conditionner la légitimité et l’acceptation des futures réformes.

