Ce jeudi, à l’occasion de l’installation du Conseil national de Pastef, Ousmane Sonko a haussé le ton contre une partie de la presse sénégalaise. Devant ses militants, le Premier ministre a tenu un discours tranchant, dénonçant ce qu’il considère comme une hostilité médiatique ciblée contre son parti.
« Que les membres de Pastef cessent d’aller sur les plateaux tenus par des chroniqueurs qui nous combattent. Qu’on laisse ces télévisions clairement engagées contre notre projet », a-t-il lancé, visiblement excédé.
Sonko a ensuite appelé au boycott pur et simple des médias qu’il estime partisans, et a affirmé vouloir poursuivre sa stratégie de communication via les réseaux sociaux, où son mouvement a historiquement construit sa popularité.
« Nous n’avons pas besoin de ces médias partisans. Nous continuerons notre combat là où nous avons commencé : sur les plateformes qui nous donnent la parole sans filtre. »
Le chef de file de Pastef ne cache plus sa volonté d’adopter une posture offensive face à la presse :
« Je vais les combattre avec la même énergie qu’ils mettent à nous attaquer. »
Cette sortie intervient dans un contexte tendu, suite à l’émission « Jakaarlo bi » du 4 juillet sur la TFM, où un échange houleux entre le député Amadou Ba (Pastef) et le chroniqueur Badara Gadiaga a entraîné la convocation des deux hommes par la Division spéciale de la cybersécurité (DSC).
En rompant ouvertement avec certains médias, Ousmane Sonko affirme sa méfiance vis-à-vis d’une presse qu’il juge biaisée. Mais cette stratégie de boycott et de confrontation soulève des inquiétudes : peut-on construire une démocratie apaisée sans débat contradictoire, sans accepter la critique, et sans respecter la pluralité médiatique ?
